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Actualité · Intelligence artificielle

Mythologies de l'IA : Ganascia démonte les récits du secteur

Le philosophe Jean-Gabriel Ganascia publie un essai au Seuil sur les récits qui entourent l'intelligence artificielle.

Publié le 2 novembre 2026 · 3 min de lecture

Livre ancien ouvert sur un bureau, lunettes posées à côté.

Un essai paru le 16 octobre

« Mythologies de l'IA. Ulysse et les périls du numérique » est paru le 16 octobre 2026 aux éditions du Seuil. Le livre coûte 18 euros, selon la fiche de la Fnac.

Le Monde lui consacre une critique publiée lundi 2 novembre 2026. Son auteur, Jean-Gabriel Ganascia, est philosophe et spécialiste de l'intelligence artificielle.

Son point de départ : les récits hebdomadaires de modèles qui auraient désobéi, contourné leurs restrictions ou manifesté une forme de conscience. Pour Ganascia, ces menaces relèvent du « mythe ».

Barthes, l'usine à trombones et Mickey

Le philosophe reprend la notion forgée par Roland Barthes dans « Mythologies », publié au Seuil en 1957, qui décrivait l'émergence d'un phénomène culturel à partir d'objets banals comme le catch ou la Citroën DS 19. Ganascia applique la méthode aux « historiettes » produites autour des entreprises de l'IA et part en quête de leur « sens second ».

Ces mythes ont selon lui une fonction précise : laisser entrevoir la puissance supposée des modèles. Aucun de ces récits ne vaut preuve, objecte-t-il, et la plupart ne sont pas nouveaux.

Exemple cité : la « fable de l'usine à trombones », cette parabole d'une IA chargée de produire des trombones avec efficacité qui finirait, faute d'éthique, par épuiser toutes les ressources du monde.

Le Monde relève deux écueils dans l'exercice : des exemples qui peuvent sembler déjà datés à la lecture, et l'extension de la grille d'analyse à l'ensemble du numérique, au risque de la rendre moins éclairante.

Pendant ce temps, l'adoption réelle triple en deux ans

Les chiffres d'usage, eux, sont mesurés. Selon l'Insee, 18 % des entreprises implantées en France de 10 salariés ou plus déclaraient utiliser au moins une technologie d'intelligence artificielle en 2025, soit 8 points de plus qu'en 2024 et 12 points de plus qu'en 2023. Le taux a donc triplé en deux ans, et se rapproche de la moyenne de l'Union européenne (20 %).

L'écart de taille reste marqué : 15 % pour les entreprises de 10 à 49 salariés, 31 % pour celles de 50 à 249 salariés, 58 % pour celles de 250 salariés ou plus, toujours d'après l'enquête TIC entreprises de l'Insee.

IndicateurChiffreSource
Entreprises françaises utilisant l'IA en 202518 %Insee, enquête TIC entreprises
Même indicateur en 202410 %Insee
Même indicateur en 20236 %Insee
Entreprises de 10 à 49 salariés, 202515 %Insee
Entreprises de 250 salariés ou plus, 202558 %Insee
Moyenne Union européenne, 202520 %Insee

Parmi les entreprises qui n'utilisent pas l'IA, 71 % déclarent n'y voir aucune utilité, en particulier les plus petites, et 54 % citent un manque d'expertise, indique la même publication de l'Insee. Plus d'une entreprise utilisatrice sur deux emploie au moins deux technologies d'IA, par exemple l'analyse de langage écrit et la génération de langage parlé ou écrit.

Côté secteurs, l'information-communication atteint 59 % d'utilisateurs en 2025, contre 10 % dans la construction.

Ce que ça change pour votre entreprise

L'écart entre 15 % d'adoption chez les moins de 50 salariés et 58 % chez les grandes entreprises mesuré par l'Insee tient surtout aux deux freins déclarés : pas d'usage identifié, pas de compétence interne.

Sur la téléphonie, le cas d'usage est borné : allo360 est un assistant vocal qui décroche 24h/24 en français, prend les rendez-vous pendant l'appel et envoie la transcription après chaque appel. Les tarifs sont détaillés sur la page dédiée (voir les tarifs).

Sources (5)

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