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Actualité · Cybersécurité

Fausses alertes nucléaires : deux applications d'alerte piratées

Air Alert en Ukraine, puis l'application du ministère russe des Situations d'urgence ont diffusé de fausses alertes nucléaires les 1er et 2 novembre.

Publié le 4 novembre 2026 · 4 min de lecture

Une personne de dos tient un téléphone à l'écran flou.

Deux systèmes nationaux d'alerte à la population ont envoyé de fausses alertes nucléaires sur les téléphones de leurs utilisateurs, à quelques heures d'intervalle, rapporte Clubic. Côté ukrainien, l'application Air Alert, qui prévient des millions de personnes lors des frappes russes, a été détournée dans la soirée du dimanche 1er novembre 2026. Côté russe, l'application du ministère des Situations d'urgence a été visée dans les premières heures du lundi 2 novembre.

Des messages de menace radiologique sur Air Alert

Les utilisateurs d'Air Alert ont reçu des avertissements de risques radiologiques et chimiques, ainsi que des annonces d'affrontements dans les rues de Kyiv. L'un des messages, rédigé en russe, annonçait une alerte nucléaire sur toute l'Ukraine et évoquait l'Oreshnik, un missile balistique russe susceptible de transporter une charge nucléaire.

L'armée de l'air ukrainienne a démenti ces notifications et dénoncé une ingérence hostile. Le Centre de lutte contre la désinformation a indiqué que les informations diffusées sur les niveaux de menace ne correspondaient pas à la réalité, et les utilisateurs ont été appelés à ne pas cliquer sur les liens figurant dans les notifications. L'application a été temporairement coupée, le temps de rétablir le service.

« L'application + Alerte aérienne + a probablement été piratée. Actuellement, les informations diffusées concernant les niveaux de menace ne correspondent pas à la réalité », Centre ukrainien de lutte contre la désinformation, organisme public ukrainien.

En Russie, des ogives annoncées sur des drones ukrainiens

Les notifications envoyées en Russie annonçaient que des ogives nucléaires avaient été lancées vers toutes les régions du pays, transportées par des systèmes P1-SUN. Il s'agirait de drones de conception ukrainienne. Les messages demandaient aux habitants de stocker trois semaines de nourriture et de se réfugier dans des sous-sols.

Publication sur X de International Cyber Digest
‼️ BREAKING: Russia's Emergencies Ministry says its app was hacked. Hackers say they used it to tell Russians nuclear warheads were incoming. The mocking alert began "Don't worry!" and put the warheads on a small Ukrainian drone. Ukrainian hackers call it payback for the hijack…
Voir sur X

Le ministère russe a évoqué une attaque massive contre son application. L'auteur de l'attaque n'a pas été confirmé de manière indépendante, même si le Centre ukrainien pour les communications stratégiques a mis en cause la Russie.

Le canal de notification, maillon faible

L'incident porte sur la couche la plus visible d'un service numérique : la notification push et le canal de diffusion officiel. Dans le cas ukrainien, les sirènes ont continué de fonctionner : le piratage de l'application n'avait pas neutralisé le système national d'alerte.

Le même type de dépendance existe côté entreprises, où les canaux d'alerte et de communication client reposent sur des applications tierces, des API et des comptes administrateurs. En France, la menace progresse vite : le rapport d'activité 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr fait état de plus de 500 000 victimes assistées, en hausse de 20 % sur un an, dont 6 % d'entreprises, principalement des TPE et PME, un volume en augmentation de 73 %. Le Baromètre France Num 2026 indique de son côté que 39 % des TPE et PME ont été confrontées à un incident de cybersécurité au cours des douze derniers mois, et que l'hameçonnage représente 18 % de ces incidents : c'est précisément le registre exploité par les fausses notifications observées en Ukraine et en Russie. Selon le Panorama de la cybermenace de l'ANSSI repris par Bpifrance, 34 % des attaques à but lucratif visent des TPE, PME et ETI, pour un coût moyen d'environ 14 720 euros par cyberattaque d'après le rapport Hiscox relayé par data.gouv.fr.

Les chiffres clés de la cybermenace visant les TPE-PME

TPE-PME touchées par un incident cyber (12 mois)  ████████████████████ 39 %
Attaques lucratives visant TPE, PME et ETI        █████████████████ 34 %
Hameçonnage parmi les incidents déclarés          █████████ 18 %
                                                  0 %      20 %     40 %

Sources : Baromètre France Num 2026 (39 % et 18 %) ; ANSSI, Panorama de la cybermenace, via Bpifrance (34 %).

IndicateurChiffreSource
Victimes assistées en 2025plus de 500 000, soit +20 % en un anCybermalveillance.gouv.fr, rapport 2025
Entreprises assistées+73 % en un anCybermalveillance.gouv.fr, rapport 2025
TPE-PME touchées par un incident cyber sur 12 mois39 %Baromètre France Num 2026
Hameçonnage parmi ces incidents18 %Baromètre France Num 2026
Attaques à but lucratif visant TPE, PME et ETI34 %ANSSI, Panorama de la cybermenace (Bpifrance)
Coût moyen d'une cyberattaqueenviron 14 720 €Rapport Hiscox, via data.gouv.fr

Le Baromètre France Num 2026 précise aussi que 65 % des incidents sont résolus en interne, 31 % avec un prestataire externe et 4 % avec l'aide d'un organisme public. Une entreprise sur huit déclare des coûts supérieurs à 230 000 euros, selon les données reprises par data.gouv.fr.

Ce que ça change pour votre entreprise

Un compte administrateur compromis sur un outil d'envoi de SMS, d'e-mails ou de notifications suffit à adresser un faux message à toute une base clients. Les mesures concrètes tiennent en trois points : double authentification sur les consoles d'envoi, journalisation des campagnes sortantes, et une procédure écrite de démenti public, avec un canal de secours identifié à l'avance.

En cas d'incident, le réflexe est de passer par le site cybermalveillance.gouv.fr : le parcours en ligne oriente vers un diagnostic, puis met en relation avec un prestataire de proximité. La plateforme référence plus de 1 200 professionnels pour assister les entreprises victimes, dont plus de 200 labellisés ExpertCyber. En parallèle, le dépôt de plainte auprès d'un commissariat, d'une brigade de gendarmerie ou du procureur de la République reste nécessaire : il conditionne l'enquête, les démarches auprès de l'assureur et, selon les cas, la notification à la CNIL en cas de violation de données personnelles.

Sources (7)

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