
Le Canada est officiellement entré dans l'entreprise commune européenne pour le calcul à haute performance (EuroHPC JU), qui pilote l'achat des supercalculateurs européens et le réseau d'usines d'IA du continent. L'annonce a été faite le vendredi 30 octobre 2026 à Montréal, à l'issue du 21e sommet entre l'Union européenne et le Canada, rapporte ActuIA. La déclaration commune des deux parties, intitulée « Alliance pour l'avenir », salue une participation censée « renforcer les liens entre nos ressources de supercalcul ».
EuroHPC JU l'a confirmé le même jour : le Canada devient son 39e État participant, et le seul du continent américain.
🛬 Touchdown in Montréal 🇨🇦 Rarely have I looked forward to a Summit this much. An ocean separates Europe and Canada. Yet we have never felt closer. We have a new ambition: bringing Canada closer to us than ever before, as Associate Member of the EU. And we want to take our…Voir sur X
Un siège là où se décident les achats de machines
Le statut d'État participant donne un siège au conseil d'administration, composé de la Commission et d'un représentant par État. Ce conseil arbitre les choix stratégiques, les décisions de financement et l'ensemble des marchés publics de l'entreprise commune. Au 2 novembre 2026, la page de gouvernance d'EuroHPC listait déjà le Canada, représenté par Nipun Vats, avec Sheila Kennedy comme suppléante.
Ottawa siégera donc là où se décident l'achat des machines, la sélection des usines d'IA et la mise en œuvre des gigafactories. Le poids réel de cette voix dépendra des conditions de participation, qui n'ont pas été publiées. Aucune contribution financière canadienne n'a été chiffrée à ce jour.
Le Canada rejoint onze autres États participants extérieurs à l'Union, parmi lesquels le Royaume-Uni, la Suisse, la Norvège, la Turquie et Israël.
Ce que pèse EuroHPC aujourd'hui
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Budget d'EuroHPC JU 2021-2027 | environ 7 milliards d'euros | Commission européenne |
| Part du programme pour une Europe numérique | 1,9 milliard d'euros | Commission européenne |
| Part d'Horizon Europe | 900 millions d'euros | Commission européenne |
| Supercalculateurs déjà acquis | 12 | EuroHPC JU, via ActuIA |
| Usines d'IA supervisées | 19, plus 13 antennes | EuroHPC JU, via ActuIA |
| États participants après l'adhésion canadienne | 39 | EuroHPC JU, via ActuIA |
Parmi ces douze machines figurent JUPITER en Allemagne et Alice Recoque en France, présentés par l'entreprise commune comme les premiers systèmes exaflopiques européens. Le règlement (UE) 2026/150, entré en vigueur le 20 janvier 2026, a élargi le mandat d'EuroHPC aux gigafactories d'IA et aux technologies quantiques.
🔗 Joint statement: https://t.co/HCIUK7wc4U 🔗Canada joins the EuroHPC Joint Undertaking: https://t.co/GWdiZGcdgR 🔗EU and Canada expand partnership to tackle climate risks through Destination Earth:Voir sur X
Un accès encore flou pour les équipes canadiennes
Le communiqué d'EuroHPC indique que le Canada pourra accéder « comme les autres États participants » aux ressources de calcul HPC, IA et quantique. L'accès gratuit, réservé au secteur public, à la recherche et aux PME, passe par des appels à propositions évalués par des experts indépendants ; les autres usages commerciaux sont facturés à l'usage.
Côté usines d'IA, la voie « innovation industrielle » comporte trois niveaux : Playground, Fast Lane jusqu'à 50 000 heures GPU, et Large Scale au-delà, ouverts gratuitement aux PME et start-up de l'IA. Au 2 novembre, les listes de pays éligibles affichées par EuroHPC ne mentionnaient pas encore le Canada.
La politique d'accès de décembre 2025 rattache l'éligibilité au programme qui a financé chaque machine. Le Canada est associé à Horizon Europe depuis 2024 et vise le programme-cadre 2028-2034, rappelle Le Point. Un second régime existe pour les pays liés par un partenariat numérique : l'accès y est accordé par le conseil d'administration selon un principe de réciprocité, le temps offert sur les machines européennes devant être compensé par un temps équivalent sur des supercalculateurs du pays partenaire.
« nouvelles possibilités pour les chercheurs et les innovateurs canadiens », Evan Solomon, ministre canadien de l'Intelligence artificielle et de l'Innovation numérique.
Une infrastructure devenue outil diplomatique
L'adhésion canadienne suit de près le lancement, le 23 septembre 2026, du réseau de supercalcul pour l'IA UE-Amérique latine et Caraïbes, rattaché à la stratégie Global Gateway et coordonné par le Barcelona Supercomputing Center, avec l'Inria parmi les sept partenaires européens. Les formats diffèrent : un projet de coopération de deux ans d'un côté, un siège de plein droit au conseil de l'autre.
La déclaration commune annonce aussi la conclusion des négociations de fond d'un accord sur le commerce numérique, qualifié par Ursula von der Leyen de « bras numérique du CETA ». Elle prévoit une coopération sur l'accès aux grandes infrastructures de calcul, « y compris les usines d'IA », et des travaux en vue d'une reconnaissance mutuelle des évaluations de conformité des systèmes d'IA. Cet engagement s'ajoute à la dynamique d'une IA souveraine canadienne financée par Ottawa.
Ce que ça change pour votre entreprise
Pour les PME françaises, rien ne bouge à court terme : les appels d'accès aux usines d'IA restent ouverts aux mêmes conditions, avec des heures GPU gratuites sur dossier. L'effet se jouera au conseil d'EuroHPC, où une voix de plus pèsera sur l'emplacement des futures machines et sur les critères d'accès des gigafactories. La prochaine étape visible sera la publication d'appels mentionnant le Canada parmi les pays éligibles.


