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Actualité · Intelligence artificielle

Quatre puces, un satellite : l'IA en orbite de Google prend forme

Google a exécuté un modèle Gemma sur un TPU embarqué dans un satellite lancé le 1er octobre par SpaceX. Première démonstration de son Project Suncatcher.

Publié le 31 octobre 2026 · 3 min de lecture

Composants électroniques et maquette de satellite sur une table de laboratoire.

Un prompt est parti de la Terre, un processeur en orbite l'a traité, la réponse est revenue. Google a fait tourner son modèle Gemma sur une puce maison installée à bord d'un satellite expérimental, rapporte MacGeneration. C'est la première démonstration concrète de Project Suncatcher, son programme de centres de données spatiaux présenté en novembre 2025. Cette IA en orbite a voyagé à bord d'une fusée Falcon 9, celle d'un concurrent direct : SpaceX, dont le projet rival Starmind n'a pas encore réalisé de démonstration spatiale.

Quatre TPU dans un satellite de la taille d'un réfrigérateur

Le satellite a été construit avec Planet Labs, entreprise américaine spécialisée dans les petits engins d'observation de la Terre. Il a décollé le jeudi 1er octobre 2026 dans le cadre de la mission partagée Transporter-18 de SpaceX, un vol où plusieurs clients se répartissent le coût d'un même lancement.

À son bord, quatre TPU (Tensor Processing Units), les puces que Google conçoit pour entraîner et faire tourner ses modèles. Le prototype, baptisé MVP, a la taille d'un réfrigérateur.

Les puces ne peuvent calculer que par sessions d'environ quinze minutes en raison des contraintes de refroidissement.

Publication sur X de NIK
BREAKING: Google just proved AI data centers in space actually work Project Suncatcher's first satellite, built with @planet and launched on a SpaceX rocket with 4 TPUs on board, verified the physics: Google sent a prompt from Earth, a TPU in orbit ran Gemma inference, and the…
Voir sur X

Les radiations encaissées, le refroidissement toujours en question

Selon les premiers résultats publiés par Google, le satellite fonctionnait normalement lors des premières vérifications. C'est le point le plus favorable du test : l'électronique grand public résiste mal aux particules chargées hors de l'atmosphère.

Les obstacles restants sont identifiés par Google elle-même : le refroidissement des serveurs orbitaux et la fiabilité des communications entre satellites. L'étape suivante est fixée à 2027, avec deux satellites qui testeront des liaisons laser à très haut débit entre eux.

« En orbite terrestre basse, les satellites bénéficient d'un ensoleillement quasi constant, générant jusqu'à huit fois plus d'énergie solaire que sur Terre », Google, dans un article de blog.

L'argument énergétique est au cœur du projet : en orbite terrestre basse, les satellites bénéficient d'un ensoleillement quasi constant, générant jusqu'à huit fois plus d'énergie solaire que sur Terre, selon Google.

IndicateurChiffreSource
TPU embarqués dans le prototype4Numerama, septembre 2026
Durée d'une session de calcul avant refroidissementenviron 15 minutesNumerama, septembre 2026
Énergie solaire disponible en orbite bassejusqu'à 8 fois plus que sur TerreGoogle, via La Libre
Prochaine étape (liaisons laser, 2 satellites)2027Numerama, septembre 2026

L'écart avec le sol reste vertigineux.

Pourquoi Google et SpaceX regardent vers l'orbite

La demande de capacité de calcul pour l'IA pousse les deux groupes à chercher de la place hors du sol, là où le foncier, l'eau et le raccordement électrique ne se négocient pas avec des collectivités. Google envisage à terme des groupes de satellites qui partageraient leurs calculs et communiqueraient entre eux avec des lasers.

Pendant ce temps, la consommation d'IA au sol explose. Selon l'Insee, 18 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus déclaraient utiliser au moins une technologie d'intelligence artificielle en 2025, contre 10 % en 2024 et 6 % en 2023. La Banque de France, qui a interrogé environ 7 000 entreprises entre fin février et début avril 2026, relève que 67 % des entreprises d'au moins 20 salariés déclarent un usage de l'IA générative, le plus souvent limité ou expérimental.

Ce que ça change pour votre entreprise

Rien dans l'immédiat : aucun service commercial ne tournera sur ces TPU avant plusieurs années, et le prototype actuel équivaut à un seul serveur. L'enjeu réel est le prix futur du calcul. Si Google parvient à faire baisser le coût d'exécution de ses modèles, ce sont les tarifs d'API et d'abonnement payés par les PME qui bougeront, pas l'infrastructure qu'elles installent. D'ici là, la progression mesurée par l'Insee, de 6 % à 18 % d'entreprises utilisatrices en deux ans, se joue entièrement sur des serveurs terrestres.

Sources (5)

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