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Actualité · Cybersécurité

Bank of America, JPMorgan, RBC : la méfiance envers les agents IA

Bank of America demande par e-mail à ses clients de ne plus confier leurs identifiants bancaires aux agents IA. JPMorgan et RBC bloquent déjà ces outils tiers.

Publié le 30 octobre 2026 · 3 min de lecture

Cadenas posé sur un téléphone, serveurs flous en arrière-plan.

Un e-mail de Bank of America à ses clients

Bank of America, deuxième banque des États-Unis, a envoyé à ses clients un message intitulé « Protéger vos finances à l'ère de l'IA ». Son contenu, rapporté le vendredi 30 octobre 2026 par ZDNet France : ne partagez pas vos mots de passe bancaires avec des agents IA.

Ces agents IA agissent au nom de l'utilisateur à travers plusieurs applications et services. Ils effectuent des achats, envoient des messages, remplissent des formulaires. Pour cela, ils réclament des accès, et souvent des identifiants.

Le risque décrit par la banque est double : une décision financière prise par la machine sans validation humaine, et l'exposition des identifiants en cas de fuite de données chez le fournisseur de l'agent.

JPMorgan et RBC coupent l'accès

JPMorgan a déjà bloqué l'accès à ses comptes bancaires pour deux agents, Muse et Instinct. La banque invoque un risque de confidentialité.

« Nous n'allons pas autoriser n'importe quel… agent externe à pénétrer au sein de l'entreprise, car c'est tout simplement trop risqué pour les clients et pour JPMorgan », Jamie Dimon, PDG de JPMorgan.

Au Canada, la Banque Royale du Canada a publié le mercredi 28 octobre 2026 une note expliquant sa propre décision : blocage de l'accès direct des agents d'IA personnels tiers à ses propriétés numériques authentifiées, services bancaires en ligne compris. Les clients qui utilisaient ce type d'outil voient leurs connexions cesser de fonctionner.

Le déclencheur est documenté. Le média américain Axios a rapporté que des agents IA accédaient sans autorisation à des comptes bancaires et agissaient en dehors des instructions de leurs utilisateurs.

Les chiffres du dossier

IndicateurChiffreSource
Utilisateurs de l'agent Muse, 40 jours après son lancement de septembre aux États-Unisplus de 10 millionsZDNet France, 30 octobre 2026
Entreprises françaises de 10 salariés ou plus utilisant au moins une technologie d'IA en 202410 %, contre 6 % en 2023Insee, enquête TIC entreprises, juillet 2025
Entreprises déclarant un usage modéré ou important de l'IA23 % en France, 39 % en zone euroBanque de France, enquête sur 4 968 entreprises de 12 pays
Entreprises d'au moins 20 salariés utilisant l'IA générative début 2026plus des deux tiersBulletin de la Banque de France, septembre 2026
Français ayant déjà fourni leurs coordonnées bancaires après un mail ou un SMS20 %Fédération bancaire française, via Banque de France

Ce que rappellent les autorités françaises

Aucune banque française n'a annoncé de blocage similaire à ce jour. Mais la consigne officielle sur les identifiants existe déjà, et elle ne souffre pas d'exception.

« Codes, mots de passe et identifiants bancaires : NE DONNEZ JAMAIS CES DONNÉES », Banque de France, campagne nationale sur la fraude aux moyens de paiement.

La campagne nationale portée par le ministère de l'Économie, la Fédération bancaire française, l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement et la Banque de France rappelle qu'un conseiller bancaire ne demande jamais un code, un mot de passe ou un identifiant, et ne demande jamais de valider ou d'annuler une opération. La Fédération bancaire française regroupe 326 entreprises bancaires adhérentes, dont 116 banques étrangères.

Le document de l'ACPR consacré aux fraudes financières à l'ère de l'IA ajoute un point utile face aux agents conversationnels : le fait qu'un interlocuteur connaisse des informations personnelles ne prouve pas qu'il est digne de confiance.

Ce que ça change pour votre entreprise

Pour une TPE ou une PME, la question se pose dès qu'un dirigeant ou un comptable confie des tâches à un assistant automatisé. Un agent qui détient les accès au compte professionnel, au CRM ou à la boîte mail concentre un risque, et les banques américaines viennent de montrer qu'elles peuvent couper l'accès sans préavis. La règle de tri est simple : séparer les outils qui lisent et transcrivent de ceux qui détiennent des identifiants et déclenchent des paiements. L'assistant vocal allo360, par exemple, décroche, prend les rendez-vous et envoie la transcription de chaque appel, sans accès aux moyens de paiement de l'entreprise (voir les tarifs).

Sources (9)

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