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51 ans après, une maquette ressuscite le pas de tir Diamant

Le CNES a dressé jeudi une maquette grandeur nature de Callisto sur l'ancien pas de tir Diamant, à Kourou, inutilisé depuis 1975.

Publié le 30 octobre 2026 · 3 min de lecture

Un homme qui montre un ordinateur, à côté du titre « Pas de tir Diamant ».
Illustration générée par IA

Une silhouette verticale se détache à nouveau dans la végétation du Centre spatial guyanais. Le Centre national d'études spatiales a érigé, jeudi 29 octobre 2026, une maquette grandeur nature de son démonstrateur de fusée réutilisable Callisto, sur le pas de tir Diamant à Kourou.

C'est la première fois en 51 ans qu'un engin se dresse à cet endroit précis. Le site n'avait plus accueilli de lanceur vertical depuis la fin du programme Diamant, en 1975.

Une doublure pour tester la base avant la vraie fusée

La maquette, construite par la PME française CIPAL, reprend à l'identique les dimensions du démonstrateur : 13 mètres de haut pour un mètre de diamètre. Elle ne volera jamais, mais elle embarque six antennes positionnées exactement comme sur l'engin définitif.

Pendant une semaine, cette doublure va échanger avec le radar et les installations de la base sans quitter le sol. L'objectif, selon le CNES, est de vérifier les procédures de communication entre le véhicule et le sol : transmission des mesures de capteurs, envoi d'ordres via l'ordinateur de bord, suivi radar de la trajectoire. Ces échanges comptent au décollage, mais surtout à la redescente, puisque Callisto doit revenir se poser à la verticale comme un Falcon 9 de SpaceX, avec un moteur fonctionnant à l'hydrogène et à l'oxygène liquides.

Plusieurs industriels participent à cette campagne aux côtés des équipes du CNES et du Centre spatial guyanais : CIPAL, MT Aerospace Guyane, TSO et Thales Alenia Space. Mener ce test côté sol pendant que le lanceur est encore en développement permet, selon l'agence, de repérer d'éventuels problèmes et de limiter la facture.

Le retour d'un site historique, 51 ans après

Le pas de tir Diamant tient son nom du premier lanceur de satellites français. C'est depuis la base d'Hammaguir, en Algérie, que Diamant a fait de la France la troisième puissance spatiale du monde, le 26 novembre 1965, selon le CNES. Transférée en Guyane, la fusée a décollé de ce même pas de tir dès mars 1970, pour huit missions de lancement au total jusqu'en 1975.

Le programme s'est arrêté faute de budget, la France ayant choisi de miser sur le projet européen Ariane, et le site a ensuite servi de zone de stockage pendant près de cinq décennies. Sa réhabilitation a démarré en 2020, avant une pose de première pierre officielle le 17 septembre 2025, en vue d'accueillir Callisto ainsi que des mini-lanceurs privés.

« Les deux lanceurs issus du programme européen cohabiteront avec des lanceurs développés par de jeunes sociétés issues de la nouvelle économie spatiale, le NewSpace. », CNES, communiqué officiel.

Un site désormais partagé avec le New Space européen

Rebaptisé Ensemble de Lancement Multi-lanceurs n°1 (ELM1), le site Diamant doit accueillir à la fois les essais de Callisto et les décollages de plusieurs micro-lanceurs privés européens. Quatre sociétés ont déjà signé un accord avec le CNES : ISAR Aerospace, Rocket Factory Augsburg, PLD Space et Latitude. Une cinquième place, initialement attribuée à MaiaSpace, a été réattribuée à la française Sirius Space après le déménagement de MaiaSpace vers l'ancien pas de tir Soyouz.

IndicateurChiffreSource
Financement public des moyens communs de l'ELM50 millions d'euros (France 2030)CNES, communiqué
Lancements Diamant historiques depuis la Guyane8 missions entre 1970 et 1975CNES, Centre spatial guyanais
Hauteur de la maquette Callisto13 mètresClubic, 29 octobre 2026
Capacité future du CSG grâce à l'ELMplus de 40 lancements par anCNES, septembre 2026
Premier décollage attendu de Sirius Space2027-2028Clubic, juin 2026

Le projet Callisto a été lancé par le CNES en 2017, avec les agences spatiales allemande (DLR) et japonaise (JAXA), cette dernière fournissant le moteur réutilisable à hydrogène, déjà testé cet été sur un petit prototype au Japon. Le premier vol du démonstrateur, initialement prévu en 2020 ou 2021, a été reporté à plusieurs reprises jusqu'à 2026.

L'essai au sol lancé jeudi ouvre une phase de qualification qui doit s'étaler jusqu'en 2027. Le CNES annonce l'arrivée du véritable Callisto "dans la foulée" de ces tests, sans préciser de date. En Suède, le démonstrateur Themis, développé par ArianeGroup pour l'Agence spatiale européenne, attend lui aussi son premier saut, que l'agence n'est plus certaine de voir avant la fin de l'année.

Sources (6)

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